C'est au bout d'un extrême océan le naufrage d'un voilier d'autrefois
De l'équipage nul jamais ne sut rien
Ni du récif qui acheva la course

Il faudrait aborder en silence et de biais la plage désœuvrée
Ecouter les vents écrire de sable et de brume le récit sans cesse épuisé par le feu de l'oubli
Les cris les mêmes cris furent portés par les chemins de la lumière 
Jusqu'au profond du monde

Mémoire

Mémoire des miroirs pourtant absents d'être trop-là dès la naissance

Mais comment éclairer l'espace de toute solitude à la lumière crue
Et qui toujours dévaste chaque jour un peu plus
Nos pourpres citadelles
Ruine du temps dans les jardins les mieux aimés

Nulle porte jamais ne  clôt l'énigmatique
Et nulle enseigne cependant pour éclaircir nos doutes

J'ai besoin d'une nuit amante de mes jours
D'une nuit incomplète
Qui se satisferait des lambeaux de mes rêves
Et de ce que jadis un livre ancien offrit à mes lèvres rieuses

Ce savoir-là est non-savoir face à l'orage

Livre fermé des origines
Que les coraux feuillettent et consument dans l'âpreté de leurs tourments

 

JBD